Tour de France

08/07/2009 - 21:15

Voeckler: "Je l'attendais tellement"


Thomas Voeckler est revenu sur sa victoire lors de la 5e étape du Tour de France. "Le plus beau succès de sa carrière", selon ses propres mots. Une victoire qu'il tenait également à partager avec l'équipe et qui couronne un palmarès déjà très bien fourni.

THOMAS, félicitation pour ce superbe succès. A quel moment de la course as-tu commencé à croire en tes chances ?

T.V. : A dix kilomètres de l'arrivée. Il y avait tellement peu d'écart que c'était vraiment difficile de croire en nos chances. Par contre, lorsque nous sommes passés de 50 secondes à 1'20" d'avance, je me suis dit que nous pouvions aller au bout. Je ne croyais pas à la gagne pour autant. C'est vraiment sous la flamme rouge que je me suis dit que c'était pour moi sauf incident mécanique. La route descendait jusqu'à la ligne, c'était tout bon.

Un scénario assez incroyable puisqu'à 30 kilomètres de l'arrivée, le peloton pointait à 40 secondes.

T.V. : C'est assez surprenant. A ce moment-là, je me suis dit que c'était fini. Mais le fait qu'il y ait plusieurs groupes derrière, ça nous a avantagés.

Que se passe-t-il dans ta tête dans le dernier kilomètre ?

T.V. : Sous la flamme rouge, je ne me suis préoccupé que de mon matériel pour ne pas avoir un pépin de dernière minute. J'ai vérifié mes boyaux. A 300 mètres de l'arrivée, j'ai savouré. J'ai couru après depuis tellement longtemps, c'est mon septième Tour de France. Cette victoire, je l'attendais tellement... J'ai également eu une pensée pour ma femme et mon fils lorsque j'ai embrassé mon alliance. Ensuite, mon premier réflexe a été de m'arrêter net pour attendre mes coéquipiers. Ce n'était pas pour faire bien mais j'avais envie de partager ce bonheur avec eux.

Pour l'équipe aussi, c'est un succès important.

T.V. : Il nous enlève beaucoup de pression. Notre Tour est désormais réussi. Mais je peux vous dire que dès demain, on aura de nouveau de l'ambition. On va faire la course comme on l'a toujours fait. Aujourd'hui, nous avons eu de la réussite, ce n'était pas le cas l'an dernier. A nous de continuer sur cette dynamique.

Est-ce qu'il s'agit du plus beau jour de ta carrière sportive ?

T.V. : Oui, c'est certain. J'étais peut-être plus fier lorsque j'ai gagné les championnats de France mais il s'agit de ma plus belle victoire. C'est plus fort qu'un maillot jaune car on fait du vélo pour gagner. Il ne s'agit pas d'être en tête d'un classement de façon éphémère même si j'ai vraiment apprécié d'avoir porté le maillot jaune.

Cette victoire vient également récompenser tes efforts de baroudeur.

T.V.: Je cours après depuis tellement longtemps. Je me suis souvent donné les moyens de franchir la ligne en premier en m'échappant très souvent. Je tente souvent, aujourd'hui, j'ai eu la réussite.

Est-ce que tu as l'impression d'appartenir désormais à une autre catégorie de coureur en remportant ta première victoire dans un grand Tour ?

T.V. : Pas forcément. C'est mon dixième grand Tour, mon profil n'a pas changé. Je ne peux pas viser autre chose qu'une étape. Je ne vais pas gagner en haut d'un col, un contre-la-montre ou un sprint massif. Je ne suis pas le coureur le plus fort du monde mais j'ai un joli palmarès avec un maillot jaune, une victoire sur le Tour et une belle classique du Pro Tour. J'espère qu'il va encore s'enrichir.

Le soutien du public a dû te donner des ailes aujourd'hui.

T.V. : C'est clair. Je n'ai entendu que mon prénom tout au long de l'étape, j'en étais gêné pour les autres coureurs de l'échappée. Je suis toujours resté populaire par rapport à mon aventure en jaune en 2004. C'est extraordinaire.

Est-ce que tu t'autorises un petit écart ce soir pour fêter ta victoire ?

T.V. : Non. J'ai bu une coupe de champagne. J'ai vu quelques joueurs de l'USAP mais on ne peut pas, comme eux, s'engager dans une troisième mi-temps sinon on paie les pots cassés le lendemain.

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